Pendant longtemps, l’informatique personnelle s’est construite autour d’un objet devenu presque mythique : le micro-ordinateur tout-en-un intégré dans un clavier. Des machines comme le Commodore 64, l’Amiga 500 ou encore les Amstrad CPC ont marqué toute une génération en proposant un concept simple et radical : brancher un clavier à un écran, et disposer immédiatement d’un ordinateur complet. Puis sont arrivées les tours encombrantes, les portables, les mini-PC et les tablettes, reléguant ce format au rang de curiosité rétro. Avec l’EliteBoard G1a, HP opère un retour surprenant vers cette philosophie fondatrice. Mais loin d’un simple clin d’œil nostalgique, le constructeur propose une relecture moderne et professionnelle de l’idée du « PC dans un clavier », adaptée aux usages et aux contraintes du travail en 2026.

Une configuration matérielle compacte mais ambitieuse
Sous son apparence de clavier sobre et classique, le HP EliteBoard G1a embarque une configuration technique digne d’un ordinateur de bureau moderne. Le cœur de la machine repose sur les processeurs AMD Ryzen AI série 300, basés sur l’architecture Krackan Point. Selon les configurations, on retrouve notamment les Ryzen AI 5 330, Ryzen AI 5 340 Pro ou Ryzen AI 7 350 Pro. Ces puces combinent des cœurs Zen 5 et Zen 5c, avec un TDP adaptable, ce qui leur permet d’offrir un équilibre intéressant entre performances et maîtrise énergétique. À cela s’ajoute un NPU capable d’atteindre jusqu’à 50 TOPS, ouvrant la porte aux traitements d’intelligence artificielle locale et à la certification Copilot+ sous Windows 11.
La partie graphique est assurée par une solution intégrée Radeon 800M, basée sur l’architecture RDNA 3.5. Sans prétendre au jeu intensif, cette puce graphique permet néanmoins de gérer des usages multimédias avancés, de l’accélération vidéo, et surtout de piloter jusqu’à quatre écrans 4K à 60 Hz simultanément. Une capacité qui positionne clairement l’EliteBoard G1a comme un outil de productivité avancée, pensé pour les environnements multi-écrans, les postes de travail modernes ou les salles de réunion.

Jusqu’à 64 Go de RAM et 2 To de stockage
Côté mémoire vive, HP ne fait pas les choses à moitié. L’EliteBoard G1a peut accueillir jusqu’à 64 Go de DDR5, un volume largement suffisant pour les usages professionnels exigeants : bureautique lourde, développement, virtualisation légère, traitement de données ou multitâche intensif. Le stockage repose sur un SSD NVMe au format M.2, avec des capacités allant jusqu’à 2 To selon la configuration choisie. Cette combinaison garantit des temps de démarrage rapides, une excellente réactivité du système et un confort d’utilisation comparable à celui d’un PC portable haut de gamme.
Les usages possibles sont donc nombreux, à condition de bien comprendre la philosophie du produit. L’EliteBoard G1a n’est ni un ordinateur portable classique, ni un simple mini-PC. Il s’adresse en priorité aux environnements professionnels où la mobilité se fait entre différents postes équipés d’écrans, comme le flex office, les bureaux partagés, les espaces de formation ou les comptoirs d’accueil. Il peut également trouver sa place dans un cadre domestique minimaliste, pour celles et ceux qui souhaitent un poste fixe discret, facile à ranger et simple à déplacer, sans multiplier les boîtiers.

Des compromis assumés, mais contraignants
Malgré son concept séduisant, le HP EliteBoard G1a n’échappe pas à certaines limites, directement liées à son format très particulier. La première concerne la connectique, volontairement réduite. L’appareil ne propose que deux ports USB-C à l’arrière : un port USB4 et un port USB-C 3.2 Gen 2, tous deux compatibles avec l’affichage et l’alimentation en Power Delivery. L’absence totale de ports USB-A, de sortie HDMI ou de prise jack impose presque systématiquement l’utilisation d’un hub ou d’une station d’accueil. Pour certains usages, notamment en environnement hétérogène, cette contrainte peut rapidement devenir pénalisante.
Autre point à considérer : l’autonomie. L’EliteBoard G1a peut intégrer une batterie interne de 32 Wh, mais celle-ci offre environ trois heures et demie d’utilisation réelle. Cela suffit pour se déplacer entre deux espaces de travail ou assurer une réunion, mais pas pour une journée complète loin d’une prise électrique. Enfin, le fait de concentrer tous les composants dans le clavier pose une question évidente de durabilité. Même si HP annonce une conception résistante aux éclaboussures et facilement nettoyable, le clavier reste l’élément le plus exposé aux accidents du quotidien. Une défaillance sur cette partie peut immobiliser l’ensemble du système.

Une vision claire et cohérente du poste de travail
En contrepartie, les points forts de l’EliteBoard G1a sont nombreux et clairement assumés. Le premier est sans doute la réduction drastique de l’encombrement. En supprimant la tour ou le boîtier du mini-PC, HP libère l’espace de travail et simplifie l’installation. Un écran, un câble USB-C, une souris, et le poste est opérationnel. Cette simplicité est particulièrement adaptée aux environnements professionnels standardisés, où chaque bureau dispose déjà d’un moniteur compatible.
Autre atout majeur : la modularité et la réparabilité. Contrairement à de nombreux appareils compacts, l’EliteBoard G1a a été conçu pour permettre le remplacement de composants clés comme la mémoire, le SSD, la batterie ou les modules sans fil. Cette approche prolonge la durée de vie du produit et s’inscrit dans une logique plus durable. Enfin, la puissance embarquée est largement suffisante pour la grande majorité des usages professionnels, y compris ceux qui nécessitent des performances soutenues. Le tout dans un format discret, transportable et immédiatement reconnaissable comme un objet de travail sérieux plutôt qu’un gadget expérimental.
Un concept de niche, mais une proposition crédible
Avec l’EliteBoard G1a, HP ne cherche pas à remplacer les ordinateurs portables ni à concurrencer frontalement les mini-PC. Le constructeur propose une alternative bien définie, pensée pour des usages précis et des environnements structurés. En ressuscitant le concept du micro-ordinateur intégré dans un clavier, HP ne joue pas la carte de la nostalgie gratuite, mais celle d’une rationalisation du poste de travail moderne. Le produit repose sur des choix techniques cohérents, assume ses compromis et trace une voie différente dans un marché souvent dominé par des variations mineures autour des mêmes formats. Reste désormais à connaître son prix et son adoption réelle par les entreprises, car c’est bien là que se jouera l’avenir de ce PC-clavier pas comme les autres.
