Code Violet est un jeu d’action-horreur à la troisième personne développé par TeamKill Media, prévu exclusivement sur PlayStation 5 depuis le 14 novembre 2025. Le titre marque une nouvelle tentative du studio américain après les sorties controversées de Quantum Error et Son and Bone. Avec Code Violet, l’ambition est clairement affichée : renouer avec l’héritage des survival horror, à la croisée de Dino Crisis et Dead Space, dans un univers de science-fiction dystopique. Le jeu exploite l’Unreal Engine 5 pour offrir une expérience graphique et sonore intense, ancrée dans un futur lointain peuplé de créatures préhistoriques.

Violet Sinclair contre les dinosaures
L’intrigue se déroule au 25ᵉ siècle, dans un avenir dans lequel la Terre a été ravagée, forçant l’humanité à s’exiler sur la planète Trappist 1-E. La colonie Aion, confrontée à une crise d’infertilité généralisée, développe une technologie de voyage temporel pour « ramener » des femmes fertiles du passé. Le joueur incarne l’une de ces femmes, Violet Sinclair, qui se réveille dans un complexe de bio-ingénierie abandonné, peuplé de dinosaures génétiquement modifiés et d’ennemis humains. Très vite, l’horreur s’installe, non seulement dans la survie face aux prédateurs, mais aussi dans la découverte progressive des expériences menées dans le complexe.
Sur le plan du gameplay, Code Violet repose sur une formule hybride mêlant exploration, gestion des ressources, résolution d’énigmes et affrontements brutaux. La gestion de l’inventaire est centrale : munitions rares, objets de soin limités, choix d’équipement conditionnent directement la survie. Le joueur est amené à alterner entre des phases d’infiltration, des combats dynamiques et des moments de calme tendu propices à l’enquête. L’environnement labyrinthique du complexe favorise l’exploration, avec une progression non linéaire encouragée par des énigmes et la récupération de documents révélant les secrets d’Aion.

TeamKill Media : plus de 10 ans de jeux vidéo
TeamKill Media est un studio indépendant fondé en 2016 par quatre frères, dont l’objectif a toujours été de proposer des expériences cinématographiques ambitieuses, centrées sur la narration et l’immersion. Leur premier titre, Kings of Lorn: The Fall of Ebris, sort en 2019 et pose les bases de leur univers sombre et torturé. Mais c’est avec Quantum Error en 2023, un FPS d’horreur futuriste, que le studio attire l’attention… pour de mauvaises raisons. Malgré des ambitions élevées, le titre est critiqué pour sa technique datée et sa jouabilité rigide.
Malgré ces revers, TeamKill Media persiste. En 2024, Son and Bone, sorte de shooter brutal à l’esthétique rétro, rencontre une réception encore plus tiède. Pourtant, les fondateurs du studio continuent d’afficher une vision claire : celle d’un jeu vidéo à l’ancienne, exigeant, centré sur l’atmosphère et le récit. Code Violet s’inscrit dans cette volonté de faire mieux, de corriger les erreurs passées. Les extraits de gameplay et les trailers montrent un studio encore jeune, mais résolu à affiner sa formule, en capitalisant sur les leçons apprises.
Comment en est-on tombé si bas ?
Difficile de savoir par où commencer tant Code Violet accumule les fautes de goût et les errements techniques. Visuellement, le titre semble bloqué deux générations en arrière, avec des textures fades, des animations rigides et des décors sans âme qui jurent sur PlayStation 5. L’état technique est encore plus inquiétant. Bugs à répétition, caméra capricieuse, collisions hasardeuses, soucis d’affichage et scripts qui se déclenchent n’importe comment transforment chaque session en parcours d’obstacles. Au lieu de renforcer la tension propre au survival horror, ces problèmes brisent constamment l’immersion et rappellent que le jeu manque cruellement de finition.
Le gameplay ne parvient jamais à rattraper le naufrage. Les combats manquent d’impact, la visée est imprécise et les ennemis encaissent les tirs sans réaction crédible, ce qui rend chaque affrontement frustrant plutôt que stressant. L’intelligence artificielle alterne entre passivité totale et agressivité injuste, provoquant des morts qui semblent souvent arbitraires. À cela s’ajoute une narration confuse et décousue, incapable de donner envie d’aller au bout. Et comme si cela ne suffisait pas, l’aventure se boucle en environ 8 heures, une durée de vie bien trop courte au regard du prix demandé, surtout pour une expérience aussi pauvre et répétitive.

Une bonne intention de départ mais…
Malgré tout, Code Violet n’est pas totalement dénué de qualités. L’ambiance sonore s’en sort avec les honneurs, certaines nappes musicales et effets oppressants parvenant ponctuellement à installer une vraie tension. Quelques environnements offrent aussi de jolis panoramas, avec un éclairage parfois réussi qui rappelle les grandes heures du survival horror. On sent également une volonté de renouer avec une formule à l’ancienne, entre gestion stricte de l’inventaire, sauvegardes limitées et progression méthodique dans des complexes labyrinthiques. Sur le papier, l’hommage aux classiques du genre a de quoi séduire les amateurs de sensations rétro.
Le scénario, bien que maladroitement raconté, esquisse aussi des idées intéressantes autour du clonage et des expérimentations génétiques, avec un lore qui aurait mérité un traitement plus subtil. Certaines références appuyées aux monuments du genre feront sourire les connaisseurs, et la présence de mécaniques comme l’invisibilité temporaire apporte un semblant de variété. Mais ces quelques fulgurances ne suffisent jamais à compenser les lacunes structurelles du jeu. Les bonnes intentions restent noyées sous les problèmes techniques, le gameplay bancal et la répétitivité générale, au point que ces qualités apparaissent davantage comme des occasions manquées que comme de véritables arguments en faveur du titre.

Avec Code Violet, TeamKill Media affiche une ambition louable : ressusciter l’esprit des survival horror à l’ancienne en y injectant une esthétique de science-fiction peuplée de dinosaures. Sur le papier, la proposition avait tout pour intriguer, entre hommage assumé à Dino Crisis et tension à la Dead Space. Mais en l’état, le jeu donne surtout l’impression d’un projet sorti trop tôt, plombé par une technique fragile, un gameplay imprécis et un manque évident de finition. Derrière quelques bonnes idées et une atmosphère parfois réussie, Code Violet reste une occasion manquée, celle d’un véritable retour en grâce pour le studio, qui devra encore convaincre pour s’imposer durablement dans le paysage du survival horror.
- Ambiance sonore réussie
- Quelques effets de lumière convaincants
- Certaines idées de scénario intéressantes
- Volonté assumée de rendre hommage aux survival horror classiques
- Technique datée pour un jeu PS5
- Nombreux bugs et problèmes de caméra
- Animations rigides et environnements fades
- Combats imprécis et frustrants
- Intelligence artificielle incohérente
- Narration confuse et mal rythmée
- Durée de vie trop courte
- Répétitivité marquée
- Male gaze
Code Violet ambitionne de renouer avec l’âge d’or du survival horror en combinant science-fiction dystopique et dinosaures génétiquement modifiés. Malgré un concept séduisant, une ambiance sonore solide et quelques idées intéressantes autour du clonage et de la survie à l’ancienne, le jeu s’effondre sous le poids de graves lacunes techniques, d’un gameplay imprécis et d’une réalisation globalement datée. Entre bugs fréquents, combats frustrants et narration maladroite, l’expérience peine à convaincre et donne davantage l’impression d’une occasion manquée que d’un véritable renouveau pour TeamKill Media.
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