Alors que je cherchais une alternative à VRChat, dans lequel je commençais à me sentir limité, j’ai découvert Resonite presque par hasard. Ce qui m’a immédiatement attiré, ce n’est pas seulement son aspect social, mais surtout la liberté offerte aux utilisateurs pour modifier leur environnement, bricoler des objets, personnaliser leur avatar ou créer des mondes entiers sans quitter la réalité virtuelle. Après plus de 800 heures passées sur la plateforme, mon utilisation a beaucoup évolué : je suis venu pour retrouver un espace social plus ouvert, et je suis finalement resté pour apprendre, expérimenter et comprendre tout ce qu’il est possible de fabriquer dans un univers virtuel.

Une communauté qui aide vraiment les nouveaux arrivants
L’un de mes meilleurs souvenirs reste probablement mes premières heures de jeu. Dès mes premières minutes, j’ai rencontré plusieurs utilisateurs qui ont spontanément pris le temps de m’expliquer les principes de base, les menus et quelques interactions essentielles. Je n’ai pas eu l’impression d’arriver dans un environnement où chacun reste dans son coin. Au contraire, la communauté de Resonite repose beaucoup sur l’entraide et le partage. Mes premières sessions ont donc surtout consisté à discuter, à tester des gadgets trouvés dans les dossiers publics d’autres joueurs et à découvrir des objets dont je ne comprenais absolument pas encore le fonctionnement.
Très rapidement, je me suis aussi intéressé aux avatars. Il existe des mondes spécialement conçus pour permettre aux nouveaux venus de trouver facilement un premier modèle à utiliser. Je n’ai donc pas eu besoin de maîtriser un logiciel de modélisation ou de préparer quoi que ce soit avant de pouvoir personnaliser un minimum mon apparence. J’ai trouvé un skin qui me convenait, je l’ai enregistré dans mon inventaire et j’ai pu continuer mon exploration avec une identité virtuelle un peu plus personnelle. C’est un détail, mais cette facilité évite une première barrière qui pourrait décourager les curieux.

Une courbe d’apprentissage exigeante, mais très gratifiante
J’aurais parfaitement pu me contenter de l’aspect social, mais ce qui m’intéressait le plus était la création. Fabriquer un monde, modifier un objet ou personnaliser en profondeur un avatar ouvre énormément de possibilités. En contrepartie, il faut accepter une vraie phase d’apprentissage. Resonite met beaucoup d’outils à disposition et certains ne sont pas immédiatement intuitifs. Au début, j’ai parfois eu l’impression d’ouvrir une boîte à outils remplie d’instruments dont je ne connaissais ni le nom ni l’utilité. Il faut apprendre à observer, tester, se tromper et recommencer.
Heureusement, la communauté compense largement cette complexité. Lorsqu’un outil me résistait ou qu’un comportement me semblait incompréhensible, j’ai presque toujours trouvé quelqu’un capable de m’expliquer le principe ou de me montrer une méthode. C’est encore vrai après 800 heures. Il ne se passe pratiquement pas une session sans que j’apprenne une nouvelle astuce, une autre façon d’organiser un objet ou une méthode plus efficace pour obtenir le résultat que je cherche. Si vous êtes curieux et que vous aimez comprendre comment les choses fonctionnent, cette progression permanente peut devenir extrêmement addictive.

Comprendre comment se fabrique un jeu vidéo
La réalité virtuelle change complètement la manière d’aborder la création 3D. On ne se contente plus de déplacer des éléments avec une souris sur un écran : on les attrape, on les déplace, on les redimensionne et on les observe directement autour de soi. C’est l’un des aspects qui m’a le plus marqué. En manipulant physiquement des objets et leurs propriétés dans Resonite, j’ai progressivement commencé à mieux comprendre comment se construisent les environnements 3D, comment différents composants interagissent et comment une idée abstraite devient un objet utilisable dans un espace virtuel.
Cette expérience a même changé ma manière de regarder les jeux vidéo traditionnels. Lorsque je joue aujourd’hui, il m’arrive régulièrement de me demander comment un élément a été conçu ou comment je pourrais reproduire une interaction similaire avec les outils que je connais. Je remarque davantage les collisions, les animations, les systèmes d’interaction ou les astuces utilisées pour donner l’illusion qu’un monde est cohérent. Cela ne remplace évidemment pas une formation professionnelle complète, mais pour quelqu’un qui travaille dans le jeu vidéo, la 3D ou qui souhaite simplement découvrir ces domaines, cette approche très concrète permet d’assimiler beaucoup de principes.

Entre workplace et immense terrain de jeu
Ce que j’apprécie particulièrement, c’est qu’il n’est pas nécessaire d’avoir le même objectif que les autres utilisateurs. Certains viennent uniquement pour discuter, d’autres pour visiter des mondes, participer à des jeux ou tester des expériences conçues par la communauté. D’autres passent des heures à développer, modéliser ou programmer. Resonite laisse de la place à ces usages très différents sans forcément les séparer. On peut commencer une soirée en travaillant sérieusement sur un projet et finir une heure plus tard à tester un gadget complètement absurde trouvé dans l’inventaire de quelqu’un.
Le contraste peut d’ailleurs être assez drôle. Il m’est déjà arrivé d’être concentré sur un modèle ou une interaction un peu complexe et d’entendre, au loin, une explosion ou les cris d’un groupe qui vient de déclencher un objet improbable. L’ambiance ressemble parfois à celle d’un open space dans lequel certains essaient de travailler pendant que d’autres font absolument n’importe quoi à quelques mètres. Heureusement, rien n’oblige à rester dans ce chaos organisé. Lorsqu’on veut réellement se concentrer, il suffit de créer une session privée ou de limiter les accès à son monde.
L’inventaire, la fonctionnalité dont je pourrais difficilement me passer
S’il ne fallait retenir qu’une fonctionnalité, je choisirais probablement l’inventaire de Resonite. Tout ce que je crée ou que je souhaite conserver peut être enregistré pour être réutilisé plus tard dans un autre monde. Mon avatar, mes objets, mes prototypes et différentes ressources me suivent donc d’une session à l’autre. Cet inventaire est stocké dans le cloud et constitue aussi une partie du modèle économique de la plateforme. Par défaut, chaque compte dispose de 1 Go de stockage, ce qui permet déjà de commencer correctement mais peut devenir limité lorsqu’on importe régulièrement ses propres contenus.
Pour ma part, j’ai choisi la formule à 10 € par an qui me donne accès à 5 Go. Jusqu’ici, cet espace me suffit très largement. La raison est simple : tout ce que je consulte n’occupe pas forcément mon propre stockage. Il est possible d’ajouter à son inventaire des dossiers publics partagés par d’autres utilisateurs. Certains contiennent des quantités impressionnantes de gadgets, d’outils ou d’assets utilisables librement sans venir remplir mon quota personnel. Dans les faits, ce sont surtout mes propres importations et créations sauvegardées qui consomment de l’espace, ce qui rend les quelques gigaoctets beaucoup plus généreux qu’ils ne semblent l’être au premier abord.
Tout n’est cependant pas parfait. L’ergonomie de l’inventaire pourrait clairement être améliorée, surtout lorsqu’on commence à accumuler beaucoup d’éléments. Une manipulation toute simple comme déplacer un objet d’un dossier vers un autre peut devenir inutilement laborieuse. Il faut faire apparaître l’objet dans le monde, ouvrir le nouvel emplacement puis le sauvegarder à nouveau. Pour une ou deux ressources, ce n’est pas dramatique. Lorsqu’il faut réorganiser plusieurs dizaines d’éléments, la procédure devient rapidement pénible. Après plusieurs centaines d’heures, c’est probablement l’un des points que j’aimerais le plus voir évoluer.
Pourquoi il ne faut pas avoir peur de cette plateforme
La communication officielle donne souvent l’impression que la plateforme s’adresse avant tout aux développeurs, aux créateurs 3D et aux utilisateurs très techniques. Je comprends cette stratégie : ses outils de création sont clairement l’un de ses principaux arguments. Mais elle peut aussi donner une image beaucoup plus intimidante que la réalité. Il n’est absolument pas nécessaire de savoir programmer ou modéliser pour profiter de Resonite. On peut simplement rejoindre des amis, explorer des mondes, essayer des jeux communautaires et utiliser les milliers d’objets que d’autres personnes ont déjà conçus.
C’est même sur ce point que la comparaison avec VRChat devient intéressante. Là où certains éléments relativement simples peuvent être intégrés à une logique payante ou dépendre fortement de contenus préparés en dehors de la plateforme, ici la quantité d’objets partagés gratuitement est considérable. Si j’ai envie d’un feu de camp, je peux probablement en trouver plusieurs versions différentes dans des dossiers publics sans dépenser quoi que ce soit. On peut donc complètement ignorer la partie développement et simplement profiter du contenu existant. À mon sens, l’équipe marketing gagnerait à montrer davantage ce côté-là : l’outil est puissant et sérieux, mais il peut aussi être incroyablement fun.

Après 800 heures, ce que j’en retiens
Avec le recul, Resonite m’a surtout permis de mieux comprendre le jeu vidéo et la manière dont un environnement interactif est construit. La liberté offerte autour de la création répond exactement à ce qui me manquait lorsque j’utilisais davantage VRChat. Mais ce n’est pas pour autant devenu uniquement un outil de travail ou d’apprentissage. Certaines soirées, je ne crée absolument rien : je reste simplement dans un monde à discuter avec d’autres personnes pendant plusieurs heures. C’est probablement ce mélange qui m’a fait rester aussi longtemps. Je peux apprendre, expérimenter, construire quelque chose de complexe ou, au contraire, ne rien faire du tout et simplement profiter de la présence des autres.










