Depuis quelque temps, je remarque que certains sites commencent à utiliser des images au format JPEG XL (.jxl). Curieux, j’ai voulu en savoir davantage sur ce nouveau format, présenté comme un possible successeur des formats JPEG, PNG et WebP. Et forcément, une question m’est venue : est-ce que je devrais déjà l’utiliser sur mon propre blog ? Sur le papier, le JPEG XL possède de sérieux arguments, avec une meilleure compression, une qualité d’image supérieure et plusieurs fonctionnalités intéressantes pour le Web. Mais entre les performances annoncées et la réalité de son utilisation, il reste quelques points à éclaircir.

Le JPEG XL, c’est quoi exactement ?
Le JPEG XL, reconnaissable à son extension .jxl, est un format d’image relativement récent, développé pour répondre aux besoins actuels du Web et de la photographie numérique. Standardisé sous la norme ISO/IEC 18181, il ambitionne de remplacer plusieurs formats historiques en proposant une solution plus polyvalente.
Comme le WebP ou l’AVIF, il permet de compresser les images afin de réduire leur poids sans trop dégrader leur qualité. Il prend également en charge la transparence, les animations et la compression sans perte.
Mais le JPEG XL possède quelques particularités intéressantes. Il permet notamment de convertir certaines images JPEG sans aucune perte d’information, tout en conservant la possibilité de reconstruire le fichier JPEG original à l’identique. Autrement dit, ce n’est pas simplement une nouvelle extension à ajouter à la longue liste des formats d’image existants.
JPEG XL vs WebP : un vrai gain de performances ?
C’est évidemment le premier point qui m’intéresse. Sur un site web, les images représentent souvent une part importante du poids des pages. Réduire leur taille peut donc contribuer à améliorer les temps de chargement. Et sur ce terrain, le JPEG XL semble particulièrement prometteur.
Il offre généralement une meilleure compression que le WebP, notamment lorsqu’il s’agit de conserver une excellente qualité visuelle. À poids équivalent, il peut préserver davantage de détails. À qualité comparable, il peut produire des fichiers plus légers.
Le JPEG XL présente également plusieurs avantages techniques :
- La compression avec ou sans perte, pour privilégier le poids du fichier ou la fidélité à l’image originale.
- La prise en charge du HDR et des espaces colorimétriques étendus, particulièrement intéressante pour les photographies.
- Le chargement progressif, qui permet aux navigateurs compatibles d’afficher une première version de l’image avant la fin de son téléchargement.
- La transparence et les animations, déjà présentes dans d’autres formats modernes.
Le chargement progressif retient particulièrement mon attention. Contrairement au WebP, le JPEG XL peut afficher une image qui gagne progressivement en précision pendant son téléchargement. Une fonctionnalité appréciable pour les grandes photographies, même si tous les navigateurs compatibles ne l’exploitent pas encore.
Cela ne signifie pas pour autant que le JPEG XL sera systématiquement plus léger que l’AVIF. Les résultats dépendent des images, des outils et des paramètres de compression. Pour un blog qui utilise principalement des illustrations et des captures d’écran, je pense donc qu’il serait intéressant de comparer les fichiers avant de convertir toute une bibliothèque.
Les navigateurs sont-ils enfin compatibles avec le JPEG XL ?
C’est probablement ce qui a le plus changé récemment. Pendant plusieurs années, le JPEG XL a souffert d’une compatibilité très limitée. Google avait même retiré sa prise en charge expérimentale de Chrome en 2023, laissant planer quelques doutes sur son avenir.
Mais la situation a considérablement évolué en octobre 2026, avec l’arrivée du format dans les nouvelles versions de Chrome et Firefox. Safari le prenait déjà en charge depuis plusieurs années, même si certaines fonctionnalités restent limitées.
C’est un changement important. Le JPEG XL devient enfin utilisable par une large partie des internautes, sans réglage particulier. Le problème, c’est que cette compatibilité n’est toujours pas universelle. Microsoft Edge reste notamment à l’écart, sans compter les anciennes versions des navigateurs.
Impossible donc, pour le moment, de remplacer toutes ses images WebP par des JPEG XL sans prévoir une solution de secours.
Et pour le référencement sur Google ?
C’est là que les choses se compliquent un peu, surtout lorsque l’on s’intéresse au SEO. Même si Chrome sait désormais afficher les fichiers JPEG XL, Google Images et Google Discover ne prennent toujours pas officiellement en charge ce format, comme l’indique John Mueller sur BlueSky.
De plus, dans sa documentation consacrée au référencement des images, Google indique accepter les formats BMP, GIF, JPEG, PNG, WebP, SVG et AVIF. Le JPEG XL ne figure pas encore dans cette liste.
Cela ne signifie pas qu’utiliser un fichier JPEG XL pénalise automatiquement le référencement d’une page. En revanche, si l’on souhaite que ses images apparaissent dans les résultats de recherche, mieux vaut conserver une version dans un format officiellement reconnu.
Peut-on utiliser le JPEG XL tout en conservant le WebP ?
Heureusement, il existe une solution relativement simple : utiliser l’élément HTML <picture>. Celui-ci permet de proposer plusieurs formats pour une même image et de laisser le navigateur choisir celui qu’il est capable d’afficher.
Par exemple :
<picture>
<source srcset="image.jxl" type="image/jxl">
<source srcset="image.avif" type="image/avif">
<source srcset="image.webp" type="image/webp">
<img src="image.jpg" alt="Description de l'image">
</picture>
Avec ce code, un navigateur compatible chargera normalement l’image JPEG XL. Dans le cas contraire, il affichera automatiquement la version AVIF ou WebP.
Cette méthode présente également un avantage pour le référencement : Google peut découvrir l’image WebP renseignée dans l’attribut src de la balise img. On peut donc commencer à utiliser le JPEG XL sans sacrifier la compatibilité avec les navigateurs plus anciens ni la découverte des images par les moteurs de recherche.
Il faut néanmoins produire et conserver plusieurs versions de chaque fichier. Ce n’est pas particulièrement compliqué avec un système de conversion automatisé, mais cela ajoute une étape dans la gestion des images.
Et sur un site WordPress ?
Comme mon blog fonctionne sous WordPress, c’est évidemment un autre point qui m’intéresse. Le CMS gère aujourd’hui assez facilement les formats JPEG, PNG et WebP. Le JPEG XL, en revanche, n’est pas encore aussi bien intégré à son fonctionnement habituel.
La prise en charge du format fait l’objet de travaux côté WordPress, notamment pour le traitement des images directement dans le navigateur. Mais cela ne garantit pas encore que tous les sites puissent importer des fichiers .jxl, générer les différentes tailles d’images et les distribuer automatiquement.
Selon la configuration du serveur, les bibliothèques graphiques disponibles et les extensions installées, il peut être nécessaire d’ajouter des outils spécifiques. Il faut également penser au cache, aux extensions d’optimisation et aux éventuels CDN utilisés pour distribuer les images.
Finalement, le problème n’est pas uniquement de convertir une image au format JPEG XL. Il faut surtout pouvoir l’intégrer correctement dans toute la chaîne de publication. Et pour le moment, le WebP conserve un sérieux avantage sur ce point.
Alors, faut-il déjà passer au JPEG XL ?
Après m’être intéressé au sujet, je trouve le JPEG XL vraiment prometteur. Ses capacités de compression, sa qualité d’image et son chargement progressif en font un candidat sérieux pour les prochaines années. L’arrivée de sa prise en charge dans Chrome et Firefox constitue également une avancée majeure, mais je ne pense pas qu’il soit encore temps de remplacer systématiquement le WebP par le JPEG XL sur un site web. Pour mon propre blog, je préfère conserver une approche pragmatique : le WebP reste parfaitement adapté à la majorité des besoins, tandis que l’AVIF représente une alternative intéressante pour optimiser davantage certaines images. En revanche, je pourrais tout à fait envisager de tester le JPEG XL sur quelques visuels, notamment les grandes photographies, en conservant une version WebP pour les navigateurs incompatibles et les moteurs de recherche. Cela permettrait de mesurer les gains réels de compression plutôt que de se fier uniquement aux performances théoriques du format. En attendant une meilleure intégration à WordPress et une prise en charge officielle par Google Images et Google Discover, le JPEG XL me semble donc intéressant à expérimenter, mais encore un peu jeune pour devenir l’unique format d’image de mon blog.










